La fête du haricot marquera cette année les 20 ans la renaissance de notre Jacquot et les 20 ans de notre Confrérie.

Elue en 1995 et très attachée aux produits de terroir, je m’étais fixé l’objectif de relancer ce légumineux complètement disparu de nos assiettes et que j’avais toujours vu sur la table familiale lorsque j’étais enfant.

A cette époque, la plupart des élus ne me prenait pas au sérieux à l’exception du Maire en place et de trois adjoints.

Le Haricot bonbon était, lui aussi, sur le point de disparaître dû au manque de communication à son sujet. C’est donc par lui que j’ai commencé.

J’ai alors contacté les Etablissements LEVASSEUR, seuls détenteurs de cette friandise qui, après réflexion et en concertation avec leur confiseur, ont décidé d’investir dans un nouveau moule et de reprendre la fabrication.

C’est ainsi qu’un groupe d’élèves de BTS Action Commerciale du Lycée St Rémy a accepté de prendre en action la promotion de cette confiserie avec des dégustations sur les marchés et lieux publics communiquant sur son historique et sa composition.

1er pari réussi ! quelques mois plus tard le bonbon était proposé à la vente dans toutes les pâtisseries et les boulangeries.

Parallèlement, La ville de Soissons, 1ère vitrine, était fortement impliquée dans cette redynamisation du produit en le proposant à chaque occasion et en l’offrant à chaque officiel de passage.

Le plus difficile restait à faire : réhabiliter le haricot légume et déjà retrouver la graine.

Toujours avec des élèves de BTS Action Commerciale, je me suis rendue dans la Vallée de l’Ailette, jadis berceau de la production TRUCY- COLLIGIS-GRANDELAIN, où la présence de quelques rames prouvait l’existence du Haricot.

Au début, les habitants n’étaient pas très coopérants mais force de persuasion Monsieur ROUSSY, planteur hélas disparu aujourd’hui, nous fit confiance. Aussitôt, François DESMARET, maraîcher aux Jardins de Pontarcher tout près de Soissons, fut contacté par nos soins pour reprendre cette production. Sans hésitation il accepta et se mit au travail sur les conseils de Monsieur ROUSSY.

En parallèle, profitant d’un bureau municipal, je suis venue avec une salade de haricots, recette que je détenais de ma grand-mère. Beaucoup d’élus ont apprécié et les préjugés étaient tombés….

J’en ai profité pour demander au Maire d’avoir un espace à disposition à l’occasion de la dernière foire commerciale de Soissons qui se déroulait en mai 1997.

Reprenant mon bâton de pèlerin et toujours avec les élèves, nous avons convaincu 6 restaurateurs, réputés de la région, de concocter pour cette manifestation des recettes d’antan avec ce légumineux émanant de la petite production de la Vallée de l’Ailette et en partenariat avec les lycées hôteliers de Soissons.

Succès inespéré ce jour là où les autres points restaurations furent boudés, les soissonnais satisfaits de retrouver cette spécialité disparue.

C’est ainsi que le restaurant de l’Avenue (Soissons), le restaurant du Lion d’Or (Vic sur Aisne), les Chouans (Belleu), la Louvière (Septmonts), la belle porte (Vailly sur Aisne), le Cheval d’Or (Coucy le Château) satisfaits de ce test continuèrent à l’inscrire sur leurs cartes, au plaisir des papilles.

C’est à l’occasion de cette foire commerciale que la Confrérie a fait le 25 mai 1997 son premier chapitre dans le but de porter haut et fort ce produit.

L’association a été déclarée en Préfecture le 10 avril 1997 et publiée au JO le 26 avril 1997.

Une dizaine de passionnés en sont les fondateurs : Gérard FOSSÉ (Ets LEVASSEUR), Sophie DESMARET (Jardins de Pontarcher) Michel ELIE (Lion d’Or), Nicolas LANTHIEZ (La Louvière), M. CLAVET (restaurateur), Jean-Pierre BENETTI (professeur de cuisine au Lycée St Vincent de Paul) et des élus très actifs dans cette démarche, Jean-Charles BASTIEN, Kléber LEBEAU et bien entendu moi-même.

La Confrérie gastronomique du Haricot de Soissons, parrainée par la Confrérie du boudin noir de Villeneuve St Germain et celle des Rissoles de Bassoles Auleurs, compte aujourd’hui 40 consoeurs et confrères et plus de 600 compagnons d’honneur).

La tenue aux couleurs de la ville de Soissons et représentant des fanes de haricots, fut dessinée et réalisée par le couturier soissonnais connu et reconnu : Florent d’Acy ce qui nous assure dans toutes les villes que nous visitons multitude de photographies et applaudissements.

Je rappelle que le but d’une confrérie est de faire la promotion de son produit de terroir à travers et au-delà de l’hexagone. Notre confrérie sillonne la France et la Belgique depuis 20 ans à raison de 35 sorties environ par an et se réunie une fois par mois.

Toujours avec ma conviction et ma motivation, j’ai été sollicitée par Madame CHEVALIER de la Chambre d’Agriculture pour une éventuelle réunion avec les agriculteurs de la région. Beaucoup d’entre eux ont adhéré à ce projet d’où est née une association de planteurs présidée par Emmanuel DAUDRÉ et une coopérative du haricot présidée par Camille HOCHE.

L’ensemble de la production est actuellement d’environ 20 tonnes, production nettement insuffisante face à la demande. C’est un volet économique qui demande de la main d’œuvre à ne pas négliger dans le soissonnais.

Il nous reste une étape importante à honorer. Dans le cadre de ma délégation, avec l’aide de la Région et des planteurs, je m’affère à obtenir auprès des instances l’IGP (indication géographique protégée).

Enfin je me dois de terminer cet historique par notre grande fête du haricot, tant attendue, et qui vient couronner la renaissance de notre légumineux. Impulsée par la confrérie, soutenue, mise en œuvre par la ville de Soissons en 2005 et après une interruption non souhaitée de 2009 à 2014, elle est remise à l’honneur depuis 2015 grâce à Alain CRÉMONT, Maire de Soissons, qui a su écouter les soissonnais et compris l’intérêt de cette manifestation. C’était également un engagement de sa campagne qu’il a honoré et je le remercie chaleureusement d’être à l’écoute de tous.

 

                                                                                                                    Yana BOUREUX