La Fête du Haricot : l’histoire d’une renaissance

Au début des années 1990, le haricot de Soissons semblait voué à disparaître. En 1995, très attachée aux produits de terroir, Yana Boureux se fixe l’objectif alors un peu fou de relancer ce légumineux complètement disparu de nos assiettes. Elle admet qu’à l’époque sa démarche ne soulève pas les foules.

Une salade de haricots pour les élus

Pourtant, accompagnée de quelques élèves, celle qui vient d’être élue au conseil municipal se met en tête d’explorer la vallée de l’Ailette dans l’espoir de sortir de l’oubli le haricot de Soissons. A l’occasion d’un bureau municipal, les élus découvrent la savoureuse salade de haricots préparée par Yana selon la recette tenue de sa grand-mère. Après cette opération séduction, il est temps que tous retrouvent le goût de notre haricot : un espace est mis à la disposition du produit à l’occasion de la foire commerciale en mai 1997.

La grande force de Yana Boureux, outre son enthousiasme, c’est sa force de conviction : plusieurs restaurateurs décident de jouer le jeu et de proposer des recettes d’antan incluant notre légumineux. C’est plus qu’un succès d’estime.

La fête du made in Soissons

En 2003, ce sont maintenant les agriculteurs que Yana Boureux réussit à convaincre. Avec l’appui de la Chambre d’Agriculture, certains décident de s’engager dans la production du haricot de Soissons. En l’espace de deux décennies, celui qui était oublié voit sa production atteindre la vingtaine de tonnes

Peu à peu, germe l’idée d’une fête du Haricot. Impulsée par la confrérie, soutenue par la Ville de Soissons en 2005, la Fête du Haricot est devenue depuis 2015, après une interruption entre 2009 et 2014 un événement incontournable, festif, qui continue de mettre en avant le haricot et sa confrérie.

La fête a grandi et se veut aujourd’hui une vitrine du made in Soissons, un moment de convivialité pour les petits, les grands, ceux qui veulent s’amuser, se changer les idées, pour les gourmets aussi.

Les légendes du haricot

Il faut bien l’admettre les origines de la production de notre haricot demeurent obscures. Notre rue de la Paix fait référence en 1728 à la tenue à Soissons d’une conférence européenne qui devait notamment décider de l’avenir de Gibraltar.

Parmi les diplomates qui se trouvaient réunis à Soissons, l’Espagne avait envoyé le marquis de Santa Cruz. Celui-ci avait pris en grande estime un jardinier de l’abbaye Saint-Léger, un certain Jacques, qui répondait au surnom de “Jacquot”.
Les négociations traînant en longueur, le marquis de Santa Cruz fut rappelé par le roi d’Espagne.
Mais avant de quitter Soissons, pour remercier Jacques le jardinier, l’Espagnol lui fit don d’un grand sac en cuir de Cordoue.
Dans ce sac, Jacquot découvrit de gros haricots. Il s’empressa d’y goûter, les trouva fort bons et en planta l’année suivante. Alors toute la ville et les environs se mirent à parler des haricots de Jacquot qui furent bientôt connus sous le nom de “gros Jacquots”. La paix de Soissons ne fut jamais signée, mais le haricot Jacquot de Soissons était né !

Autre rue de Soissons, celle de la Buerie anciennement des feves, autre légende…

A partir de la seconde moitié du XIVe siècle, les épidémies de peste s’ajoutent au fléau de la guerre de Cent Ans. La panique s’empare de la population. Ceux qui le peuvent quittent la ville, emportant avec eux leurs récoltes. Graines de pois et de fèves sont dispersés dans la panique. Lorsque les Soissonnais regagnent la ville, que ne trouvent-ils pas ? Un champ couvert de fèves !
Grâce à l’humidité des berges du canal de la Crise, la récolte fut exceptionnelle et l’on nourrit sans peine toute la population. Ce haricot devenu célèbre est depuis lors dit “de Soissons”.

Le petit train du coeur de Ville

Ce week-end, pour La Fête du haricot, le petit train du Cœur de Ville – Soissons sera gratuit ! profitez en pour (re)découvrir les richesses de l’histoire et du patrimoine Soissonnais.

Fête du Haricot, J-4

Vendredi 18h00, inauguration de la fête du Haricot 2021 suivi à 20h30 du concert événement d’ELECTRO DELUXE.

La légende du guetteur de la cathédrale

C’est du haut de la cathédrale qu’à la fin du XIXe siècle Monsieur Le Paon surveillait la ville, notamment les départs d’incendie tout en exerçant son artisanat de cordonnier.

On peut supposer qu’il trouvait le temps long puisqu’il décida de l’égayer en semant des haricots de Soissons dans des caisses, placées le long des garde-fous. « C’est du vrai Soissons », disait-il à ses visiteurs !

Sa production fut rapidement florissante : le guetteur la distribuait ainsi aux touristes généreux dans des petits sachets en jute confectionnés pendant ses heures de loisirs.

A deux pas de la cathédrale, au 7 place Mantoue, Monsieur Brultet exerçait pour sa part son activité de confiseur. Ce dernier mit au point une petite machine, toujours visible au musée de Soissons, afin de fabriquer des bonbons. Devenus spécialité soissonnaise, là aussi le produit fut sauvé à la fin XXe siècle.

L’histoire ne dit pas si l’inventeur partagea les bénéfices avec notre sympathique guetteur, qui disparut de la tour en 1907.

L’histoire d’une renaissance

Notre haricot semblait destiné à l’oubli.C’était sans compter sur la volonté de certains qui ont voulu voir la suite de l’histoire différemment. Car, à la fin des années 1990, pour trouver du haricot de Soissons, ce n’est pas très simple : il faut se rendre dans la vallée de l’Ailette. Jadis berceau de la production, on y trouve alors encore une production anecdotique.

Vingt ans plus tard, le haricot de Soissons n’a pas fait que sortir de l’oubli. Récolté uniquement à la main, sa production atteint désormais la vingtaine de tonnes.

Unanimement apprécié pour ses qualités gustatives, une demande d’IGP est en cours d’instruction.

 

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